vendredi 10 juillet 2009

Rencontre avec Gisèle Bienne

Voici les photos de la rencontre avec Gisèle Bienne, transmises par Mme Camelin:










Merci aussi pour cette rencontre.

jeudi 25 juin 2009

Affichage des résultats (selon le calendrier modifié de l'année universitaire)

Les résultats sont affichés à la facuté. Bonnes vacances.

dimanche 21 juin 2009

Fin de l'année

Bonnes vacances à toutes et tous, et merci.

Sommaire ante-chronologique

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Blaise Cendrars
Sujet de la dissertation

L'Histoire dans le roman

Langue anglaise

Langue latine
Correction des exercices de grammaire - Niveau intermédiaire


Littérature médiévale

Présence du mythe

mercredi 27 mai 2009

Emploi du temps "puzzle" (non exhaustif)

Memento



Pour le devoir d'informatique, il faudra être capable (entre autres) de / d':

- utiliser Scribus
- donner la définition générale du "boot" (principe: mettre en priorité un périphérique d'amorçage)
- citer les périphériques utilisables pour "booter" (clé usb, carte SD, cd-rom)
- citer différentes distributions de Linux (au moins 3) et connaître son histoire
- donner la marche à suivre pour créer un fichier .pdf à partir de LaTeX (donner l'architecture d'un document LaTeX, c'est à dire, les balises qui le structurent- voir plus bas. Quand les balises sont en place, il faut compiler en cliquant sur l'icône du lion. Enfin, ouvrir la console, taper "ls" puis appuyer sur la touche entrer. La liste des fichiers s'affiche. Taper ensuite la commande "pdflatex nom_du_fichier.tex", et appuyer sur la touche entrer. Normalement, le fichier .pdf correspondant est créé dans le dossier d'origine.

Vous pouvez regarder les documents qui suivent (et les télécharger en cliquant sur leur titre) afin de mémoriser la marche à suivre:






Bon courage.

____________________________________________

Source: Pied Mickaël - 27.05.2009 à 10h00 -


mercredi 13 mai 2009

Travail d'étudiant(e): Que dit le mythe sur nous?

Pour télécharger le document au format PDF, c'est ici.







Source: Travail de Laetitia Beyssac et Marie Rivière - 13.05.2009 à 13h37 -

Cours de théorie littéraire

Comme vous le savez sans doute, les cours de théories littéraires vont finalement être assurés.
Ces cours, selon les informations transmises, se dérouleront de la façon suivante:
- à l'aide de polycopiés sous forme de fichiers PDF
- en présentiel: une scéance de 3 ou 4 heures

mercredi 6 mai 2009

Travail d'étudiant(e): Mythe et utopie

Pour télécharger le document au format PDF, c'est ici.




Source: Travail de Coralie Vigneron et Marie Poux - 06.05.2009 à 20h43 -

Dissertation

A rendre le 19 mai dernier délai:

Selon le poète et critique Georges-Emmanuel Clancier, le langage de Cendrars est
le fruit de l’expérience nouvelle du monde moderne, « plus dense et plus
pressant autour de l’homme : les affirmations brèves, parfois brutales, s’y
succèdent, mais voilà qu’une phrase invisible relie toutes ces phrases en
apparence décousues et qu’elle est la secrète musique de ce monde à la fois si
féroce et si poignant. »

Vous commenterez et discuterez cette remarque à partir de votre lecture de Du
monde entier au cœur du monde.

dimanche 12 avril 2009

Travail d'étudiant(e): Le discours sur l'histoire

Pour télécharger le document au format PDF, c'est ici.





                                                                                       

Source: Travail d'Héloïse Kunz et Paula Zitting - 12.04.2009 à 19h01 -

lundi 6 avril 2009

Travail d'étudiant(e): Jean Echenoz, Courir

Pour télécharger le document au format PDF, c'est ici.







Source: Travail d'Aurélie Dubuisson - 06.04.2009 à 09h22 -

mercredi 1 avril 2009

Travail d'étudiant(e): Loin de moi, étude sur l'identité


La Hantise de soi

"Nous sommes faits de l'étoffe des songes" Shakespeare.

Il pense que l'identité sociale est la seule réelle. Qu'une autre n'est qu'une illusion tenace. Cette identité personnelle est vécue comme antérieure à l'identité sociale. On ressent le moi identitaire ou social comme conventionnel et cachant l'identité personnelle.

Je peux changer et paraître autre (il refuse l'idée "Je est un autre"). C'est alors le moi social qui change. Dans le cas d'une double identité seule l'identité sociale change, pas le moi réel. Chacun a le sentiment intime de l'unité de son moi. Kant note "Je ne peux jamais me saisir, moi (…) et je ne peux rien observer que la perception". Pour Hume il n'y a pas de perception du moi comme il y a une perception des objets extérieurs.

Il pose la question "Qu'est-ce que le moi ?" (qu'est-ce qui me représente aux yeux du monde extérieur. Le corps et l'âme sont périssables ils ne constituent donc pas le moi.

Lors d'une crise d'identité, l'identité sociale est la première à "craquer", ce n'est qu'ensuite qu'elle perturbe l'identité personnelle.

La suprématie du moi social sur le moi privé : depuis Saint Augustin les philosophes situent la continuité de la personne dans la capacité de se souvenir. On ne se souviens dans le détail que du passé du moi social. Hors des signes et des actes qui émanent de moi et me font reconnaître, il n'est rien qui soit à moi ni de moi.

Pour lui l'identité personnelle est un fantôme qui rôde autour de l'identité réelle et sociale. Chez Maupassant il y a une obsession du double de soi qui remet en question l'identité personnelle du narrateur. "L'identité personnelle est un hôte familier mais un hôte invisible". C'est une entreprise vaine de chercher son identité personnelle (impossible). Chercher à connaître l'identité personnelle de soi ou d'autrui c'est aller au devant d'une déception.

L'identité d'empreint

Le manque à être de l'identité personnelle est pallié par une identité d'emprunt. L'imitation est d'ailleurs un mode de développement normal dans les premières années de la vie (construction de la structure du moi.

Dans Mensoges romantiques et vérités romanesques R. Girard remet en cause l'autonomie du moi. Même nos désirs seraient influencés par un autre ("médiateur du désir"). Si les désir du moi n'ont pas une origine autonome c'est qu'il n'y a pas de moi en temps qu'être libre de ses choix, de ses désirs et de ses décisions. Il n'existe donc aucun être original. Il n'y a de moi que de l'autre et par l'autre. Il reprend les idées de Lacan : le tu est aussi important qua le je dans la construction de l'identité. Lorsque le "tuteur" de l'identité est un partenaire amoureur, on a le sentiment de retrouver une identité perdue (image traditionnelle des deux sphères). L'individu grâce à l'amour comblé à le sentiment de découvrir une identité personnelle au delà de son identité sociale. L'illusion de fusion et de découverte de soi est double et réciproque.

La perte de l'objet (personne) qui est le socle de l'identité peu provoquer une crise d'identité. Il y a un lien frot entre le sentiment d'être quelqu'un et le sentiment d'avoir quelque chose. L'objet qui fonde l'identité personnelle ou l'identité d'emprunt, "je" s'en sent le propriétaire. Ainsi la perte de l'objet aimé/possèdé provoque une perte de l'identité que l'on considérait comme un bien personnel (alors que ce n'était qu'un empreint tributaire de l'amour de l'autre.

L'identité d'emprunt est fausse, elle ne rélève rien de l'identité personnelle. En revanche elle renseigne sur l'identité sociale d'une personne. Le besion de l'autre das la constitution de l'identité révèle l'absence d'identité personnelle originelle.

L'identité et la vie

Personne ne peut observer l'identité personnelle. Je suis manque e distanciation et les autres ne peuvent pas voir mon ''intérieur". Le sentiment d'identité personnelle est inutile. Les information que l'homme à sur lui-même grâce à son identité sociale sont suffisantes pour mener sa vie sociale et personnelle. Se demander "qui je suis vraiment" est un frein à l'existence. Une part de méconnaissance de soi est nécessaire. "Moins on se connaît, mieux on se porte".

                                                                                                              

Source: Courrier électronique d'Adéa Gobin Gonzalez - 01.04.2009 à 15h31 -

Travail d'étudiant(e): Exposé: Le féminisme dans Antigone & Médée, voix


Personnage principal des deux œuvres = une femme. Auteurs leur laissent la parole en en faisant des narrateurs : elles racontent le mythe selon LEUR point de vue. Cette configuration énonciative = 1 moyen de décrire la société dans laquelle elles évoluent. Bauchau & Wolf se déclarent tous deux féministes ; FEMINISME = « doctrine qui préconise l’extension des droits et du rôle de la femme dans la société + les différentes actions qui l’accompagnent. » Dans les deux œuvres : lecture plutôt féministe des sociétés décrites, qui sont socialement et sexuellement stratifiées ; pouvoir y est essentiellement masculin. Néanmoins, Antigone & Médée n’ont pas valeur de manifestes mais plutôt de relectures qui adoptent une posture féministe. A la lecture de ces deux textes, on peut se demander dans quelle mesure ces mythes réécrits témoignent de deux conceptions du féminisme. Nous allons voir en quoi le choix de deux héroïnes féminines est caractéristique de la réécriture & de l’inscription du mythe dans une perspective contemporaine, puis en quoi ce même choix traduit deux visions particulières du féminisme, avant d’envisager les limites du féminisme de Wolf et de Bauchau.



I – LE CHOIX DE DEUX PERSONNAGES FEMININS : REECRITURE ET INSCRIPTION DU MYTHE DANS UNE PERSPECTIVE CONTEMPORAINE



1°) Des femmes libres

Elles possèdent toute deux une liberté de mouvement au début de leur histoire : elles choisissent de quitter leur ville en temps que princesse.
-->  Ismène : "La première année de ta fuite a été pour moi la plus dure".
--> C. Wolf précise dans l'article "Pourquoi Médée ?" qu'elle quitte la Clochide "avec Jason". C'est elle qui choisit de partir quand la situation ne lui convient plus. 
La liberté dans leurs comportement :
--> Antigone est la seule à remettre en cause les lois de Créon. 
Ismène "tu as osé". Antigone : "j'ai déchiré l'édit. Je l'ai brûlé" p 291. 
--> Jason explique la liberté de comportement de Médée à la fois par son origine (société matriarcale) et par sa personnalité : "Déjà sa façon de marcher..." p60. 
La liberté amoureuse :
--> Médée vit séparée de Jason et mène ouvertement sa relation avec Oistros.
--> Antigone est amoureuse d'Hémon alors que Créon n'est pas favorable à cette liaison.
 
2°) Des pouvoirs surnaturels mis au service des autres

Médée une guérisseuse aux pouvoirs convoités.
--> Elle supplante les guérisseurs de Corinthe : p 173 Glaucé a complètement intégré le discours des hommes qui l'entourent. La jalousie de Turon apparaît dans sa parole comme un « surmoi ». 
--> C'est dans un esprit de solidarité féminine que Médée aide Glaucé.
Antigone a des dons :
--> p226 "Timon pense que tu as le don de l'arc", p207 "Un nuit je vois Hémon dans son camp."
--> Elle n'est pas guérisseuse mais elle prépare les remèdes et trouve les fonds pour son hôpital. La solidarité Ismène / Antigone permet d'aider les autres.

3°) Deux personnalités qui effraient

La première phrase de Jason traduit sa méfiance : "Cette femme va être néfaste pour moi" p 51. Leukos est conscient que le double statut de guérisseuse et de femme libre de Médée va lui créer des problèmes : p. 197 "La peste s'étend. Médée est perdue", "l'assurance qui se dégage d'elle passe pour de l'arrogance aux yeux de la plupart des Corinthiens" p 205. 
Créon a peur de la relation entre Antigone et Hémon. Elle est trop libre et pousse son fils à ne pas tenir son rang (jardiner, désir de quitter Thèbes). Elle lui fait également peur lorsqu'elle remet en cause son pouvoir au début de son règne. C'est parce qu'elle est incontrôlable qu'elle doit disparaître. 




Bauchau & Wolf ont fait revivre deux personnages féminins mythologiques qui sont libres, ont des pouvoirs « extraordinaires » & sont en rupture avec la société dans laquelle ils vivent. Mais il existe de grandes différences entre Corinthe & Thèbes : cela témoigne de l’écart idéologique séparant les deux auteurs. Médée & Antigone, dans la manière dont elles sont traitées, correspondent chacune à une perception personnelle du féminisme.




II – DEUX PERSONNAGES POUR DEUX VISIONS DU FEMINISME


1°) Fonctionnement de la société et place de la femme

Thèbes & Corinthe = deux sociétés où la femme a un statut particulier ; statut qui dépend en partie de l’état & de l’organisation de ces sociétés.
Dans Médée, cela se traduit par la confrontation entre la Colchide & Corinthe (cf. article « Démythification et utopie » & l’entretien avec C. Wolf « Pourquoi Médée »).
MATRIARCAT = notion centrale = « régime d’organisation sociale dans laquelle la femme joue un rôle politique prépondérant » ( en opposition avec le PATRIARCAT = « forme d’organisation sociale dans laquelle l’homme exerce le pouvoir dans les domaines politique, économique, religieux »)
On retrouve cela dans Médée : le pouvoir se transmet en ligne utérine &, si les hommes exercent les principaux pouvoirs, leur parenté s’y transmet par les femmes.  La Colchide & Corinthe (les deux lieux où Médée a vécu) s’opposent comme l’archaïque & le moderne. Les deux cités ont connu un même état politique où les femmes jouaient un rôle prépondérant, & la différence entre les deux est l’allure + ou – rapide à laquelle elles s’éloignent de ce passé identique. Un même refoulement est à l’œuvre dans les deux mondes & déjà la Colchide n’est plus dans le matriarcat : le pouvoir masculin y est défendu comme tel, même s’il y a + de marques de l’importance sociale et politique des femmes qu’en Corinthe, où ces marques sont à l’état de traces.
   Jason, p.71 : «  A vrai dire, nous trouvions exagérée cette façon qu’avaient les Colchidiens de traiter leurs femmes, comme si qqch d’essentiel dépendait de ce qu’elles pouvaient penser ou dire ».
Comme le résume C. Wolf : ce qui est montré, c’est le passage de structures dominées par le matriarcat jusqu’à l’achèvement de la mise en place du patriarcat 
     Colchide = « ville-Etat » dans laquelle on se souviendrait encore du matriarcat
     Corinthe = entièrement vouée au patriarcat.

Dans Antigone, c’est le patriarcat qui domine à Thèbes. Société y est bcp + masculine & patriarcale que ds Médée. Le pouvoir y est également transmis par les femmes ; du temps d’Œdipe, le vrai Roi de Thèbes était Jocaste (voir p.106). Mais l’on voir que les hommes ont peur des femmes et qu’ils cherchent à protéger leur pouvoir ; d’où l’assassinat d’Antigone. Ainsi, les femmes sont totalement exclues des institutions politiques.
Néanmoins, elles ne sont ni soumises ni passives : elles agissent par des solutions alternatives et pacifiques : ex. Ismène soigne les malades & maintient l’ordre par le rire. De + les femmes se révoltent : elles refusent de laisser pourrir le corps des hommes & se révoltent à cause de la condamnation à mort d’Antigone.


2°) Place des héroïnes dans ces sociétés

Antigone & Médée : pas de réelle place dans la société. Les deux femmes sont marginales & différentes à Thèbes & à Corinthe.
Les deux femmes ne se plient pas aux règles du pouvoir : elles s’excluent en quelque sorte par elles-mêmes. Refusent de faire plier leurs idéaux à la loi commune, d’où leur assurance, qui effraie.
Antigone : tente de s’opposer à la fatalité, à l’oracle d’Œdipe quant à la mort de ses deux frères. Elle est une des seules à s’opposer à une guerre qui semble inéluctable. Mais parole vaine car peuple cautionne la guerre.
 p.289 « Oui, moi Antigone, la mendiante du roi aveugle, je me découvre rebelle à ma patrie, définitivement rebelle à Thèbes, à sa loi virile, à ses guerres imbéciles, à son culte orgueilleux de la mort ».
Médée (cf. entretien avec C. Wolf) : ne trouve pas sa place. Personnage à la frontière entre deux époques. Quitte la Colchide parce que cette terre est en train de changer de telle façon qu’elle ne peut pas y rester. Mais à Corinthe : pas d’amélioration car là, la transformation de la société & de ses valeurs est encore + avancée. « Médée paie cher son appartenance à une culture matriarcale dans un monde qui cherche à renforcer le pouvoir des hommes & à promouvoir des valeurs masculines »  (cf. « Démythification et utopie »).
Au finale, Médée & Antigone révèlent des choses que l’on veut taire, & dans les deux sens du terme « révéler » : elles clament (ou tentent de le faire) des vérités étouffées & agissent dans la société comme des révélateurs ; tout comme en chimie, leur seule présence fait ressortir le malaise latent  ceci est particulièrement manifeste à Corinthe, où la présence de Médée faire apparaître le mécontentement & le malaise social : elle est alors prise comme bouc émissaire…


3°) Signification et résonances des autres femmes

Médée & Antigone : en marge & exclues de la société. Néanmoins, elles ne sont pas seules ni totalement isolées dans leurs cités  rôle déterminant des femmes qui les entourent :

ISMENE : belle image de femme, tant sur plan physique que moral. Dans les autres versions du mythe d’Antigone, les deux sœurs n’ont pas une relation aussi proche & fusionnelle. Donc choix délibéré de Bauchau de mettre en avant le lien très fort, quasi indestructible, qui existe entre les deux sœurs. Souvent Ismène dit à Antigone qu’elle ne lui ouvrira pas tjrs sa porte & ne la suivra pas jusqu’au bout ; mais ses actes démontrent le contraire, elle la défend inconditionnellement, même contre Créon.
En réalité, Antigone n’agit & ne réussit jamais seule : elle est tjrs assisté, le + souvent d’Ismène, par ex. lorsqu’elle taille les sculptures ou soigne les malades. Ismène = le « double bienveillant » d’Antigone. &, à la fin du livre, Antigone voit une sorte de prolongement de sa vie ds celle de sa sœur : elle la contraint de garder son enfant, elle qui n’en aura jms eu… Ainsi, Bauchau nous présente une image forte de la solidarité féminine & du pacifisme des femmes ; c’est peut-être à travers le couple Antigone/Ismène que culmine le féminisme de Bauchau. (Ce couple de sœurs s’oppose au couple  de frères Polynice/Etéocle, qui s’aiment également mais ne parviennent pas à maîtriser leurs pulsions belliqueuses).

LYSSA : à mettre en parallèle avec Ismène. Ombre qui suit Médée. Fait taire ses sentiments personnels au profit de celle qu’elle sert. Adjuvante elle aussi. Soigne Médée, la nourrit, s’occupe de ses enfants. Tout comme Antigone, Médée ne serait pas ce qu’elle est sans le concours de Lyssa. A la fin, celle-ci la suit également à travers l’exil  l’accompagne jusqu’au bout.

GLAUCE : Figure particulière. Contraire de Médée, leurs différences sont particulièrement remarquables. Totalement aliénée à elle-même, alors que Médée est farouchement libre. Elle est LA figure du passage au patriarcat, fait taire ses propres envies au profit du respect de la volonté des hommes, & voir Médée transgresser la met hors d’elle. En effet, Médée concrétise tt ce qu’elle, n’ose. Glaucé sert en partie à faire ressortir les caractéristiques de Médée, le contraste aidant à mettre ces-dernières en valeur.

AGAMEDA : le modèle qui a compris le fonctionnement de la société patriarcale & a su l’utiliser à ses propres fins. Elle aussi est en contraste avec Médée, mais ds une opposition + frontale ; C’est la « traîtresse » des Colchidiennes, apporte une nuance à l’image dominante de la femme véhiculée dans le roman puisqu’elle, elle trahit sa patrie & en quelque sorte sa solidarité féminine envers les femmes.





III – LES LIMITES DU FEMINISME



1°) Des femmes qui connaissent malgré tout des fins tragiques

Elles sont en décalage avec leur société et c'est la mort ou l'exil qui les attend. 
--> « situations-miroirs » : opposées avec le début. Elles ne sont plus libres. Médée est bannie, Antigone est menée de force à la grotte (entrées libres / sorties forcées).
Antigone, lorsqu'elle agit librement, est toujours encadrée par des hommes :
--> Vie indépendante / maison trouvée par Etéocle
--> Entrée au Conseil / introduite par Thymos
--> Se déguise en homme / sur les ordre de son frère
--> Du tribunal à la grotte tous attendent Hémon : image du prince charmant ?
Pour Médée il n'y a pas de retour en arrière possible. C. Wolf explique le passage au patriarcat par une amélioration des conditions économiques. Corinthe est juste plus avancée.



2°) La violence des hommes a raison de la spiritualité féminine

Finalement, force physique & force du pouvoir ont raison de la femme libre. Mais c’est parce qu’elles refusent d’abdiquer & de céder à Créon qu’Antigone & Médée sont contraintes à l’exil ou à la mort.
Leurs idéaux & revendications ne triomphent pas : c’est la loi des hommes qui l’emporte, énoncée par Créon.
La force physique, on le voit, est + puissante, dans chacun des deux romans, que la spiritualité. Antigone ne parvient pas à stopper la guerre, malgré ses bonnes paroles & ses appels à la sensibilité & à l’amour de ses frères : le combat triomphe de ses tentatives de restaurer la paix.
De même, Médée est contrainte d’arrêter d’exercer ses dons de guérisseuse à cause de la puissante rumeur répandue par Agaméda sur le pseudo meurtre de son frère.
Même si Bauchau & Wolf mettent en avant une certaine supériorité féminine & un important pouvoir en la possession des femmes, ils « relativisent » en montrant que, malgré tout, la société étant ce qu’elle est, la femme libre et, en quelque sorte, militante, est + ou – condamnée à céder au pouvoir des hommes, ou à fuir.


3°)Finalité du féminisme à l'œuvre

L'insurrection d'Antigone est positive et s'inscrit dans une visée à long terme. Elle refuse d'entraîner Ismène dans sa folie : protéger Ismène, c'est assurer la continuité de la lignée.
C. Wolf n'a pas une vision idéalisée du féminisme : le retour au matriarcat n'est pas souhaitable. Les femmes sont aussi capables de violence : mort d'Absyrtos + supplice de Turon. 







Antigone & Médée sont clairement marqués par une perspective féministe ; cela est dû en partie au choix de deux personnages féminins, ms surtt à la manière dt leur rapport à la société est présenté. Elles sont « marginalisées » ds leur époque. La perspective féministe ns amène à ns interroger sur la place que pourraient avoir ces femmes ds notre société actuelle ; ls deux auteurs signifient-ils que nos sociétés n’ont pas tant évolué que cela ds leur intégration sociale & économique de la femme & ds ls rapports entre ls sexes ? Bauchau & Wolf n’apportent pas de réponse définitive sur ce point, ms ils ns interrogent & suggèrent un questionnement. L’image de Médée est particulièrement intéressante quant au processus de diabolisation de la femme qui s’est mis en place progressivement au Moyen-Âge : son itinéraire ds le roman n’évoque t’il pas celui de la femme ds l’histoire, du matriarcat aux tribunaux de sorcellerie ?
 


COMMENTAIRES ET AJOUTS SUITE AUX CONSEILS DE MME ESSEIN :


Au vu du plan proposé par Mme Essein, nous nous sommes rendues compte que nous n'avions pas formulé clairement que les deux œuvres ébauchaient une contre-proposition aux sociétés qu'elles dépeignaient, une sorte de société alternative utopique rêvée par les deux héroïnes, ouvrant ainsi des pistes de réflexion aux lecteurs...
L'on voit par exemple se dessiner un autre type d'hommes à travers les figures d'Oistros, de K et de Main d'or : en effet, ceux-ci ne sont pas dans une relation d'opposition ou de domination. Les femmes prennent beaucoup de plaisir à être avec eux : c'est le cas de Médée lorsqu'elle se trouve avec Oistros. Elle nourrit pour lui un réel amour fondé sur l'égalité. On ne peut pas dire qu'elle n'aime pas Jason, mais l'on sent que cet amour ne peut s'épanouir pleinement, peut-être parce que Médée et Jason n'ont pas du tout la même vision de la femme et du couple, en tous cas parce qu'ils ne sont pas dans un échange égalitaire et sain? Antigone est également particulièrement attachée à « cet autre type d'hommes » : à K et à Main d'or et elle souffre réellement et se sent abandonnée, désorientée lorsque le premier s'en va. 
D'autre part, les œuvres semblent proposer d'autres modèles sociaux, notamment à travers l'image de la solidarité féminine. Ceci est particulièrement manifeste en ce qui concerne la communauté de Circé et celle de Médée et Lyssa. Ce sont de vraies contre-proposition, alternatives à la marche inexorable des sociétés vers un « patriarcat absolu », mais elles ne sont pas valables car les femmes sont alors recluses et malheureuses. Elles ont malgré tout besoin des hommes. Dans les communautés de femmes, celles-ci deviennent marginales à plusieurs, et Wolf de soutenir que ce n'est pas un idéal.
        Enfin, l'une des principales lacunes de notre exposé est que nous ne nous sommes pas assez penchées sur les valeurs spécifiquement féminines portées par les héroïnes des deux romans. Parmi ces valeurs, l'on peut voir que la force et la violence ne prédominent pas et qu'au contraire, la douceur et la dérision prennent le dessus. Par exemple, Ismène arrive à faire fonctionner l'hôpital en riant avec les personnes : ses méthodes sont plus humaines que celle de Main d'or. D'autre part, les femmes sont plus attachées à la spiritualité que les hommes. Elles privilégient l'abstrait, la magie, les dons, la voyance... au concret, au visible et la la force. Ces valeurs font peur aux hommes et la spiritualité d'Antigone et de Médée peuvent expliquer que ces personnages aient traversé les siècles, car elles suscitent des réflexions universelles et intemporelles. Ainsi, c'est peut-être leur spiritualité qui permet aux héroïnes de ne pas disparaître dans la mort : leurs voix ne s'éteignent pas et arrivent jusqu'à nous. Antigone ne s'éteint pas grâce au chant d'Io et Médée porte le germe d'une réflexion qui va être portée par le lecteur. L'on voit ici l'importance du relai de la voix (des femmes).


En ce qui concerne le féminisme des auteurs, nous en avons parlé mais avons oublié quelques points importants. Par exemple, dans les choix significatifs dans la réécriture du mythe, l'on remarque que Bauchau présente une Antigone androgyne. Elle s'oppose à Médée qui accepte de vieillir. Antigone ne semble  pas assumer sa féminité pleinement. Bauchau ne va pas jusqu'au bout du choix de l'héroïne féminine. Ainsi, peut-on dire que son œuvre a une visée moins féministe que celle de Wolf ?
En ce qui concerne Christa Wolf justement, l'on peut noter qu'elle oriente ses chapitres en fonction des épigraphes qu'elle place à leur tête. Elle montre ainsi sa pensée et propose une réflexion qui va être porté par le lecteur. Bauchau, quant à lui, n'explicite pas le fait que sa relecture se veut plus ou moins féministe. Le texte liminaire de Médée, voix est rédigé à la première personne du pluriel, ce qui englobe le lecteur et le met en lien avec les personnages mythologiques. 
Finalement, l'on peut affirmer que Bauchau n'est pas féministe mais plutôt spiritualiste, quelque peu machiste mais pas misogyne. Dans Antigone, l'on peut le voir à travers la figure de Jocaste, qui est à la fois une présence bienveillante et une image de femme dans l'ombre de son mari. La nourrice de ses enfants "était la seul, avec le devin, à savoir que le vrai roi de Thèbes était Jocaste" (p 106). Si elle est le vrai roi, pourquoi ne gouverne-elle pas aussi ? Peut-on parler d'une réécriture de l'adage "derrière chaque grand homme, il y a une femme"?..

                                                                                                         

Source:  Travail d'Adéa Gobin Gonzalez et Marine Faye - 01.04.2009 à 12h42 -

mardi 31 mars 2009

Programme de travail du 31.03.09


 « La guerre au Luxembourg »: 

Étudiez la composition des trois poèmes de cette « suite ».
Commentez l’utilisation du lexique de la guerre.
Quel est le rôle du jeu ?
Commentez la thématique de la blessure, de l’amputation.
Commentez l’ironie dans ces textes.
Commentez la forme poétique.

____________________________________________

Source:  Courrier électronique de Mme Camelin - 31.03.2009 à 16h49 -


lundi 30 mars 2009

Conseils de travail & Questions du 30.03.09

Texte extrait de Courir (Jean Echenoz, 2008)
Minuit, p. 92-94 de « C’est aussi que depuis sa première grande affaire » à « C’aurait à chaque fois aussi bien collé ».

Le texte a été distribué au cours de mercredi matin 25 mars. Si je ne vous vois pas mercredi 1er avril, vous trouverez des exemplaires de ce texte sur la grande table du hall d’entrée. Je peux vous y rencontrer mercredi entre 9h et 10h.

Ce texte peut faire l’objet d’une explication linéaire que vous pouvez m’envoyer par mail. Il constitue aussi un bon document pour le sujet A2 (« la question du nom propre dans deux œuvres).
Vous pouvez aussi répondre aux questions suivantes, qui sont des pistes pour une explication détaillée :


1. Identifiez le type du texte. S’agit-il d’un récit ? Qu’est-ce-que c’est ?
2. Commentez le point de vue et le statut du narrateur. Quels sont les indices de sa présence ?
3. Montrez en quoi ce texte est à la frontière de l’écrit et de l’oral. Quel est l’effet produit ?
4. Identifiez et interprétez les occurrences du prénom et celles du nom propre.
5. Analysez en détail le passage sur le nom propre « Zatopek » : « Ce nom de Zatopek » à « moteur Zatopek » (rêverie sur le signifiant, usage de la ponctuation, travail du rythme, registre).
6. La réflexion sur le nom propre dans cette page rejoint-elle l’analyse de Bourdieu dans son article sur « l’illusion biographique » ?
7. A la lecture de cette page, quel est selon vous le projet de Echenoz dans Courir ? Comment interprétez-vous le titre de ce « roman » (sous-titre) ?
8. Dans quelle mesure cet extrait nous révèle-t-il certains traits caractéristiques du « biographique français contemporain » ?

Anouchka Vasak
anouchka.vasak-chauvet@wanadoo.fr 

                                                                                                              

Source: Courrier électronique d'Anouchka Vasak - 30.03.2009 à 17h57 -

jeudi 26 mars 2009

Explicaton de texte: Pierre Michon, Vies Minuscules

Pour télécharger le document au format PDF, c'est ici.






Source: Travail de Mélanie Chausseray et Marie-Amélie Chabaud - 11.03.2009 à 10h18 -


Informations importantes :
Le prochain cours aura lieu mercredi 1er avril de 14 à 15h. Tous ceux qui appartiennent au groupe du matin et qui peuvent assister à ce cours sont les bienvenus. Pas de cours mercredi 8 avril. Cours suivants : mercredi 15 avril et jeudi 16 avril (13h-14h en B13). Nous parlerons, en compagnie de Madame Bardoulat, de Ravel de Jean Echenoz (musique et littérature).

                                                                                                                    

Source: Message électronique de Mme Vasak - 26.03.2009 à 15h12 -

Informations, conseils & corrections du 26.03.09

Dear L3 S6 Students,
Classes have resumed on a 50/50 basis, but I will not be seeing you on March 24. I thus want to bring you up to date on what we can foresee for the remainder of the semester. If you have questions, please feel free to write: taffy.martin@univ-poitiers.fr

1) FUTURE SCHEDULE:
--Since March 24 was set aside for political action and since the week of March 30 is devoted to afternoon classes, our class will not meet until April 7. On that day I will announce the new class schedule and explain how examinations (contrôle continu) will be conducted.
--I am including a study guide for Zora Neale Hurston (below). This is work to prepare on your own. I will correct papers that are turned it.
--For April 7, please prepare the work initially scheduled for Week 8 (Emily Dickinson poems; translation lines 109-119 from Zora Neale Hurston text; Lenora Carrington painting “Unicornio”. (Study guide below.)

2) ERDRICH AND WIDEMAN TRANSLATIONS:
Certain students have already turned in assignments. I have corrected them and commented on them and will return them when I see you. As I said in my last note, you are good technically but seem reluctant to deal with the content of the texts and paintings. Some of you translated passages from Louise Erdrich and John Edgar Wideman. These texts were, in fact, intended for the L1 S2 students, but I have corrected the translations that were turned in and am happy to provide you with suggested translations.

Erdrich_fr
Quand le nouveau curé fit irruption à la porte de la cabane, provoquant ce grand éclat de lumière qui détourna la mort, la fille et le vieil homme furent contrariés. Qu’ils aient été délaissés par leurs familles parties pour le voyage de quatre jours vers le pays-du-soleil-couchant, cela suffisait. Que certains morts soient revenus et attendent de l’autre coté de la porte les incitant à les suivre alors que leur corps s’accrochaient à la vie, ça c’était dur. Et puis, alors qu’ils s’affaiblissaient et se trouvaient quelque part entre mort et vie, dans une sorte de torpeur d’où ils voyaient loin devant eux la route et en même temps revisitaient des scènes éclatantes de leur passé, voilà ce curé.
La lumière éblouissait, le noir tournoyait. La sympathie candide du curé était à la fois irritante et d’une force surprenante. Fleur éprouvait un vague désir de faire fondre de la neige ou d’aller chercher de l’eau puis de préparer du thé, ce qui impliquait de faire du feu, ce qui semblait impossible puis impératif. Elle était sûre qu’elle était pour la plupart morte. Elle n’avait pas quitté son coin depuis plusieurs jours, peut-être même des semaines. Mais, sans trop comprendre, sur ses jambes de bois et vacillante elle passa la porte pour rejoindre l’éblouissante splendeur. La lumière poignarda son cerveau et diminua progressivement révélant le monde des formes tourbillonnantes. Une croûte s’était formée autour de sa bouche. Elle porta à ses lèvres une poignée de neige pour desceller sa langue et laissa couler un filet d’eau dans sa gorge.
Wideman_fr
Une brise qui se lève de l’eau est une bénédiction. Un bruissement, un deuxième, puis plus rien. Il est trempé de sueur. Sa poitrine se soulève. Il vient de courir. Courir pour échapper au fardeau qu’il tient sous son bras. Comment une femme épuisée, aux pieds endoloris pouvait suivre s’il avait couru. Pourquoi aurait-il foncé comme un fou par cette chaleur, sur le sol meuble de cette forêt. Et pourtant il se rappelle du bruit des pas lourds, du halètement, des tas de feuilles qui explosaient, des branches que craquaient. Ils s’enfuyaient ensemble, une famille en cavale. Des hommes à cheval suivis d’une meute aux abois. Il devait pénétrer encore plus dans la forêt, se glisser dans les ronces et les broussailles là où les chevaux ne peuvent suivre, et patauger à travers marais et marécage pour que les chiens à la gueule baveuse perdent leur trace.
Da sa position stratégique, il voit le fond du lac. L’eau est transparente et calme. Au delà de la bordure de cailloux, le fond sableux descend en pente. Il garde la trace figée des rides qui, certains jours, en d’autres occasions, avaient travaillé la surface. Le soleil strie l’eau, répétant la forme des rides pétrifiées sur le fond sableux.
Des oiseaux piaillent, sifflent, crient. Le rocher qui borde la rive est percé aux endroits où des flaques d’eau ont creusé des trous dans la terre.


3) KATE CHOPIN (week 4) and STEPHEN CRANE (week 5)
Your work on the passages from Kate Chopin Stephen Crane showed that you understood the texts quite well but overlooked certain subtleties.
Kate Chopin
Most of you assumed too quickly that Mrs. Sommers was “poor,” whereas she was instead in what we might call “reduced circumstances.” We understand from her thought process and actions that she had been accustomed to having money and simply had less of it now. You rightly commented on the portrait of the consumer society but only one person commented on the puzzle of the closing lines. What did the man with “keen eyes” see? Read that last paragraph again pay attention to the three forces at work: Mrs. Sommers, the man on the cable car and the narrator.
Stephen Crane
This was a difficult text, and you did well with it. Most of you caught the perspective of the narrator and the perceptions of the men in the boat. The answer to the question “how many men” is 8 since the captain saw “seven turned faces” (l. 24). The answer to the question “what is the antecedent of ‘which is never at sea in a dingey’?” ( l. 42) is “the average experience”. One of the differences between the painting and “The Open Boat,” is the men in “The Open Boat” are engaged in a struggle for survival whereas the men in Thomas Eakins’s painting, “Biglin Brothers Rowing” are engaged in a leisure activity. Both have realistic aspects but Stephen Crane’s depiction of survival is in part naturalistic whereas Thomas Eakins’s is influenced by romanticism.

4) STUDY GUIDE ZORA NEALE HURSTON
“The Guilded Six-Bits” by Zora Neale Hurston
Zora Neale Hurston, Background
Find information on Zora Neale Hurston (dates / place in Black American Literature / depiction of women in her fiction). You need not present this information, the research is just for you. The full test of the story can be found on the net. There is also ample material on Zora Neale Hurston and “The Guilded Six Bits” on the net in such places as Sparknotes. I do not mind if you read these sources, but PLEASE do not read Sparknotes INSTEAD OF READING the story itself. And do not try to present information taken from Sparknotes as your own. I have read the same material and will naturally recognize it.

Introductory remarks
The passage we will study is the opening of a short story which is concerned with money and its temptations in the life a young black couple, Missie May and Joe Banks.
At the end of the passage, it becomes clear that Missie May, who was initially skeptical of money and of Slemmons, is about to change her opinion. Later in the story Missie May goes on to betray Joe and sleep with Slemmons. When Joe discovers them in bed, he hits Slemmons and discovers, after Slemmons has left, that in the scuffle Slemmons’s watch chain with its gold piece was broken and that, when Slemmons fled, the gold piece which so fascinated him, remained behind. The gold piece changes hands and pockets and places throughout the story and becomes the emblem of temptation, illusory values and deception. Throughout these trials and temptations, Joe and Missie May stay together. Missie May gives birth to a boy, and while she is recovering from the delivery, Joe, having discovered that the gold piece was merely a guilded coin, goes to Orlando and uses the coin to buy candy kisses for Missie May, the same candy kisses Missie May had “threatened” to dig out of Joe’s pockets when they still were a happy, uncorrupted couple (page 27, line 49 in the passage in your course booklet).
In the closing scene of the story, Joe returns home and flings coins against the door just as he used to before money corrupted their lives. Missie May, who has not yet fully recovered from childbirth, cannot yet walk. When she realizes what Joe is doing, she crawls toward the door and says, "Joe Banks, Ah hear you chunkin' money in mah do'way. You wait till Ah got mah strength back and Ah'm gointer fix you for dat."
The story thus has a “happy ending.”

Questions for study
Read several passages of dialogue ALOUD so as to hear and decipher the black dialogue.
Compare the temptations of money as depicted here with those in “A Pair of Silk Stockings.”
How does Joe feel about his body? How does Missie Mae feel about his body? Why?
How is Missie May characterized? Indicate the fictional devices employed.
Lenora Carrington “Unicornio”
Who is Lenora Carrington? What is depicted in “Unicornio”? Discuss the colors, the composition… What is the role of women?

5) STUDY GUIDE EMILY DICKINSON
For our class on April 7, we discuss the poems of Emily Dickinson. We will divine the work in half. If you were born on an uneven-number day (1, 3, 5...), please prepare poems 1, 2 and 3. If you were born on an even-numbered day, please read and prepare poems 4, 5 and 6. Try to hear and describe the rhyme. Try hear and describe in your own words the rhythm. Try to say in your own words what each poem is saying. Then ask yourself what can be said about the collage on page 36 in light of the poems. Emily Dickinson is not easy. That is why I have saved her poetry for a class when we can work on the poems together.
Bon courage.

                                                                                                         

Source:  Message électronique de Mme Martin - 26.02.2009 à 09:18 -

mardi 24 mars 2009

Exercices de grammaire - Langue latine, niveau intermédiaire

Bonjour,

voici une nouvelle série d'exercices sur les interrogatifs et l'interrogation directe, ainsi qu'une version.
Je posterai une correction d'ici mardi prochain.

Bon travail à tous et toutes.
LM

L3 lettres modernes – Langue latine, niveau intermédiaire

Exercices de grammaire

Les interrogatifs et l’interrogation directe



Revoir la déclinaison et les emplois du pronom-adjectif interrogatif dans votre grammaire, ou ici : http://www.prima-elementa.fr/chap16.html (section 1)

Revoir la syntaxe de l’interrogation directe dans votre grammaire, ou ici : http://www.prima-elementa.fr/chap18.html (section 4)

Le pronom-adjectif interrogatif
Quis habet gladium ?
Vter uestrum mihi nocet ?
Cuius mortem tibi nuntiat tuus frater ?
Ad quod litus natant nautae ?
In qua urbe habitant amici nostri parentes ?
Cuius stellae lumen pulcherrimum est ?
Quarum ferarum sunt ista uestigia ?
Quod animal tibi uidetur leone fortius ?
Cuius morte gaudet inimicus noster ?
Quae uitia uituperat magister ?
Pater ille duos habebat filios : utrius uirtutem laudabat ? utri dabat praemia ?

L’interrogation directe

Maiusne malum dolor est quam dedecus ?
Nonne pessimus pater uidebitur, qui assiduis plagis liberos compescet ?
Vtrum uos magnitudo elephantorum an multitudo hostium terret ?
Vnde sic, inquit lupus, nites, aut quo cibo fecisti tantum corporis ?
Arbitraminine eum posse honores gerere ?
Quoties tu, Catilina, me consulem interficere conatus es ?
Qualis fuit praeclarorum uirorum uita ?
Cur secretum tacere tam difficile est ?
Quando Romam redibit Caesar ?
Vtrum Romulus an Remus Vrbem condidit ?
Quo profectus est consul ?
Quamdiu Caesar bellum in Gallia gessit ?
Matrine an sorori Papirius puer mendacium dixit ?
Quid in senatu hodie Cicero dixit ?
Quantam pecuniam habes ?
Nonne timetis ne nimis laborando discipuli aegri fiant ?

Version - Cicéron démasque Catilina en plein Sénat

Quousque tandem abuteris, Catilina, patientia nostra ? Quamdiu etiam furor tuus nos eludet ? Nihilne te praesidium Palatii, nihil urbis uigiliae, nihil horum senatorum ora uultusque mouerunt ? Patere tua consilia nonne sentis ? Quid proxima nocte egisti ? Vbi fuisti ? Quos conuocauisti ? Quid consilii cepisti ? Quem nostrum ignorare arbitraris ? Recognosce mecum (= cum me) noctem illam superiorem. Dico te illa nocte uenisse in Marci domum ; conuenisse eodem complures sceleris socios. Num negare audes ? Quid taces ? Conuincam si negas : uideo enim esse hic in senatu quosdam, qui tecum (= cum te) una fuerunt. O Di immortales ! Vbinam gentium sumus ? Quam rempublicam habemus ? In qua urbe uiuimus ?
(d’après la 2ème Catilinaire de Cicéron)

jeudi 19 mars 2009

Programme de travail & informations du 19.03.09

Aspects du biographique français contemporain

Propositions de sujets pour l’évaluation (écrit)

A rendre pour le 6 mai au plus tard


Au choix :

A. Essai littéraire portant sur deux œuvres (introduction problématisée, développement argumenté avec références précises aux textes, conclusion. Maximum 6 pages) sur l’un de ces sujets:

1. La question de l’identité dans les deux œuvres.

2. La question du nom propre dans les deux œuvres.

3. La question du genre dans les deux œuvres : à quel(s) genre(s) littéraire (s) appartiennent ces œuvres ?

4. Le choix du minuscule dans deux œuvres.


B. Explication de textes comparée, portant sur des extraits de trois œuvres : sélectionner un extrait de 20 à 30 lignes dans chacune des trois œuvres choisies, poser une problématique commune autour du biographique, organiser un commentaire en 3 parties des extraits choisis en les comparant.


C. Essai philosophique (équivalent d’une dissertation): la question du biographique et de l’identité à partir des textes de P. Bourdieu (« L’illusion biographique »), C. Rosset (Loin de moi, étude sur l’identité) et J.L. Nancy (L’Intrus). Exemples pris dans les œuvres que vous avez lues dans la liste proposée.



Pour la semaine prochaine, je vous propose de préparer (explication de texte) le texte de Pierre Michon, extrait des Vies minuscules, qui a été distribué aux derniers cours. Vous pouvez m’envoyer vos travaux par mail, ou me poser toutes les questions que vous souhaitez. Quelles que soient les circonstances, je serai dans le hall d’entrée de la fac mercredi prochain, 25 mars, à 10h.

Anouchka Vasak

                                                                                                              

Source: Courrier électronique d'Anouchka Vasak - 19.03.2009 à 10h35 -

mercredi 18 mars 2009

Exposé: Des auteurs qui commentent non seulement leur œuvre mais aussi le rapport qu'ils entretiennent avec elle


Henry Bauchau dit « On n'invente pas les personnages, ils existent dans l'inconscient, il faut les laisser sortir ». On a donc l'impression que les auteurs, lorsqu'ils commencent à écrire, connaissent déjà leurs personnages, comme si ceux-ci étaient venus les hanter. On ressent une sorte de présence réelle des personnages. Ainsi, on va le démontrer à partir de deux œuvres. D'une part Antigone d'Henry Bauchau, et d'autre part Médée, voix de Christa Wolf.

On va se demander en quoi l'écriture permet aux auteurs de commenter leur œuvre ? et comment observe-t-on le rapport qu'ils entretiennent avec elle ? Pour répondre à ces questions, on s'interrogera tout d'abord sur le côté biographique des œuvres, puis nous définirons une écriture propre à chaque auteur avant de terminer par une réflexion plus large sur les œuvres.


  1. Le coté biographique dans les œuvres

    a)le côté historique

Dans les deux œuvres au programme, les auteurs laissent « leurs empreintes » dans leur écriture. On retrouve des traces de leur vie, qui influencent leur manière d'écrire.

D'abord, on ressent dans les deux livres le contexte historique dans lequel les écrivains ont vécu. Pour Christa Wolf, une majorité des textes qu'elle a publié ont pour source des éléments biographiques survenus dans un contexte historico-politique particulier. En effet, elle est née en 1929 en Poméranie, territoire aujourd'hui polonais. En 1963, elle écrit son premier roman Le Ciel partagé (dont l'un des thèmes principaux est la division de l'Allemagne symbolisée par la construction du Mur de Berlin). Elle porte un regard très critique sur le régime et signe alors en 1976 la protestation contre l'expulsion de Wolf Biermann, chanteur contestataire. Puis, après la chute du Mur en 1989, elle publie un livre, Ce qui reste qui va déclencher une grande polémique sur l'engagement politique de l'intellectuel. Elle dira ensuite: « Je n'écris que sur ce qui m'inquiète... Je n'écris que sous la contrainte de conflits intérieurs. Avant qu'ils n'aient atteint une intensité extrême il m'est impossible d'écrire.(...) Au fil des années, mon scepticisme s'est profondément accru. » dans un article qui lui est consacré dans le numéro de Février 2001 du Magasine littéraire. Christa Wolf réécrit donc le mythe à sa façon, elle qui a toujours critiqué le pouvoir politique et la société qui l'entoure. Elle va jusqu'à imaginer que Médée n'a pas tué ses fils, contrairement au récit légendaire. Elle dénonce donc un pouvoir manipulateur, qui lance de fausses accusations contre celle qui se rend compte de la cruauté de ce pouvoir, Médée, et qui manipule parfaitement l'opinion pour que tout le monde la rejette. Christa Wolf parle d'ailleurs de la façon suivante de Médée:  « Médée s'imposa à moi comme une femme à la frontière entre deux systèmes de valeurs, concrétisés d'une part par sa patrie, la Colchide, et d'autre part par le lieu où elle a trouvé refuge, Corinthe, […], Corinthe, la riche cité dorée, qui ne supporte pas la guérisseuse hautaine, sûre d'elle, compétente qui devine que la cité s'est construite sur le crime. On sacrifie des êtres humains à deux idoles, pouvoir et la richesse. Il faut calomnier cette femme, l'humilier, la chasser, la supprimer. On lui accroche pour l'éternité l'étiquette d'infanticide. Les meurtriers de ses enfants auront l'hypocrisie de rendre hommage à leurs victimes. Toute tentative pour tirer au clair les circonstances du meurtre en essayant de comprendre, d'élucider, de changer les comportements est rendue impossible. L'Histoire se met en marche. » Le régime qu'elle dénonce donc dans Médée, voix est une manière de critiquer le régime sous lequel elle a vécu, où l'on cherchait à exclure tous ceux qui réfléchissaient trop et qui parvenaient donc à comprendre les dessous du régime. Bauchau, quant à lui, est né en 1913 à Malines, et son enfance est donc marquée par l'invasion allemande. Il ressent une sorte de combat intérieur et inconscient contre les blessures occasionnées par la première guerre mondiale. Il va donc très vite se réfugier dans la lecture puis va ensuite commencer à écrire. Par la suite, les années 1933 à 1940 sont marquées par de nombreuses crises internationales provoquées par Hitler. Bauchau est très souvent mobilisé pour participer à la guerre. Puis, il va entrer dans la résistance, c'est donc un nouveau combat pour lui qui va provoquer une blessure profonde à la main. Celle-ci s'ajoute à l'immense blessure intime qu'a causé la guerre et qui lui provoque un blocage pour écrire, il va alors plonger dans une grave dépression. Il parvient à s'en sortir grâce à la psychanalyse et il se remet véritablement à écrire. Petit à petit, la figure d'Antigone naît dans l'inconscient de l'écrivain qui continue à exercer le métier de psychanalyste. D'abord elle apparaît dans Œdipe sur la route qui sera un vrai succès, puis dans différents récits avant de ressurgir enfin dans Antigone qui lui apporte, à 84 ans, une véritable reconnaissance du public. Dans cette œuvre, la Grèce semble régie, non plus par les Dieux mais par les désirs sombres des hommes. Antigone éclaire non seulement cette Grèce mais également le siècle de Bauchau, avec le refus des guerres et de ses massacres, de la lutte pour le pouvoir, de la misère. A travers, la cruauté du pouvoir, la misère, les massacres etc que Bauchau met en scène dans son roman, il montre par la même occasion sa propre époque. Antigone le représente assez bien, refusant la guerre, la quête du pouvoir. Donc, dans son roman, on retrouve ce qu'il a vécu comme lorsque Christa Wolf, illustre le régime en RDA, racontant l'acharnement d'un pouvoir manipulateur sur Médée qui avait comprit les crimes de celui-ci. On retrouve donc dans les deux œuvres au programme, des traces du contexte historique dans lequel a vécu chaque auteur.


b) Le psychologie des écrivains :

Ensuite, on ressent également la psychologie des écrivains. En effet, surtout dans Antigone, Bauchau, par son écriture laisse transparaitre son coté psychanalyste. Cet écrivain belge francophone, après une première vie d'enseignant, s'est tourné vers la psychanalyse. Il connait donc les « fous », la folie. Or lorsqu'on lit Antigone, on peut se demander si elle n'est pas folle, puisqu'elle semble entendre des voix. En effet, à la différence du mythe, Bauchau dans son roman, en tant que psychanalyste fait donc parler l'inconscient de son personnage. Antigone, quand elle meurt, elle ne se suicide pas comme dans le mythe, elle est enfermée dans cette grotte et refusant de céder au désespoir et de laisser gagner la solitude, elle part dans son inconscient où elle entend des voix et notamment le chant d'Io. Page 345« J'entends comme un espérance de l'oreille, ma voix que je croyais perdue, elle chante dans une autre voix, qui n'est pas et qui est la mienne. Je découvre des sons flexibles et sourdement tenaces, qui ne font pas penser à ma voix mais peut-être à ma vie.(...) c'est la voix d'une femme qui, en pénétrant dans ma vie, est entrée dans ma voix qu'elle transfigure.(..) Quelle sera l'âme vivante qui me remplacera? La musique de sa voix dans la mienne me convainc que ce sera, que c'est déjà Io. » ou encore plus loin (lire page 351 à partir de « comment fait Io ») aussi page 352 (lire à partir de « je ne mets rien ») ou enfin page 354 «  L'Antigone d'Io ne sait pas qu'elle chante ma mort et n'a pas besoin de le savoir, il lui suffit de la vivre puisqu'elle est déjà la véritable et bientôt sera l'unique Antigone. » C'est son inconscient qui parle. Elle sait qu'elle meurt en tant que femme, mais naît en tant que personnage littéraire. Elle meurt en entendant la voix de celle qui la transforme en personnage, donc elle sait que son combat continue. Grâce à cette voix, Antigone meurt donc apaisée et non désespérée, puisqu'elle sait qu'elle survivra bien mieux qu'elle n'a existé. Cette psychologie que donne Bauchau à Antigone, amplifie le personnage, par rapport au personnage de théâtre. Il la rend plus réelle. Comme on l'a vu dans l'introduction, Bauchau dit « On n'invente pas les personnages, ils existent dans l'inconscient, il faut les laisser sortir. » L'inconscient chez Bauchau a donc une importance capitale. Son personnage existe en lui, il la connaît, il peut donc la décrire comme un personnage réel. Pour ce qui est de Christa Wolf, on retrouve sa psychologie dans son personnage de Médée. En effet, on l'a vu, le monde qu'elle décrit dans son œuvre ressemble sur beaucoup de points au monde dans lequel elle vit. Elle a donc essayé d'expliquer le présent, son époque, par rapport au passé, l'Antiquité. Elle a choisi le mythe comme point de départ de son questionnement. Ainsi, elle a commencé à réfléchir, grâce au récit qu'elle faisait de l'époque de Médée, à un sujet qui l'a longtemps intéressée mais aussi inquiétée (puisqu'on l'a vu elle n'écrit que sur ce qui l'inquiète): la possibilité face à un monde régi par le pouvoir et l'indifférence de créer une société plus humaine, moins cruelle, solidaire etc. Dans son roman, Médée semble chercher ce monde, comme on le voit avec la dernière phrase du roman « Y a t-il un monde, une époque, où j'aurais ma place? ». Ceci suggère une révolte continue et le refus total de la société existante. Médée, « parlant ainsi », semble donc représenter parfaitement Christa Wolf avec ses espoirs et ses désillusions. On ressent donc à travers leur récit , la psychologie des auteurs. Médée, le double de Christa Wolf qui comprend les dessous de son régime manipulateur et qui le refuse et Antigone blessée par la guerre etc, qui se réfugie dans son inconscient, qui rappelle le coté psychanalyste de Bauchau. Cette sorte de psychologie donnée aux personnages, les rendent beaucoup plus réel qu'ils ne l'étaient dans les mythes.




II. Une écriture propre à l'auteur :

    a)par l'énonciation :

L'écriture que propose Henry Bauchau représente par elle-même la fragilité d'Antigone. Effectivement, on ne trouve ni figures de style ni ornementations. Prenons comme exemple la première phrase du roman : « Depuis la mort d' Œdipe, mes yeux et ma pensée sont orientés vers la mer et c'est près d'elle que je me réfugie toujours ». L'histoire nous est raconté en focalisation interne, le lecteur vit l'histoire à travers le personnage d'Antigone qui se présente ici comme le narrateur. Par cette focalisation interne, on peut penser que l'auteur se sent proche de son personnage.

Cette proximité, nous pouvons la voir à la page 498 de son Journal d'Antigone, il dit « Au cours des trois années qui viennent de s'écouler, le personnage s'est modifié en moi ». Ainsi, on voit qu'Henry Bauchau vit véritablement l'histoire au même rythme que son personnage. Dans ce journal on remarque une grande discussion sur l'utilisation de la première personne du singulier. A l'origine écrit à la troisième personne, Bauchau le réécrit entièrement à la première personne car le « elle » apportait une trop grande distanciation du personnage par rapport à l'auteur. Avec l'utilisation de la première personne du singulier, Bauchau marque sa proximité avec le personnage d'Antigone.

De son côté, Christa Wolf fait un étonnant concerto à six voix. En effet, l'énonciation n'est pas stable dans le roman Médée. On peut voir la prise de parole successive de six personnages qui sont : Médée, Agaméda, Akamas, Leukos, Jason et Glaucé. Le monologue de Médée s'adresse à son frère Absyrtos et à cette jeune enfant, Iphinoé victime de la peur de son père, victime du pouvoir.

Un monologue où l'on a du mal à se situer dans l'histoire car il y a à la fois un retour dans un passé bien révolu, un retour à quelque chose que l'on vient de découvrir: un secret qui vient d'être déterré et cette forme présente. Puis Jason vient et nous explique sa version de l'histoire. Chacun dans un monologue qui s'inscrit dans un style théâtral assez explicite et dans une forme romanesque. Chacun des personnages racontent leur histoire, la façon dont ils perçoivent le sort de Médée, les relations qu'ils ont eu avec elle. Les personnages se méfient d'elle à cause d'une rumeur. Christa Wolf réussit très bien cette réécriture du mythe en incorporant des éléments qui ne sont pas dans celui de Médée mais que l'on retrouve dans des extraits ancien du mythe notamment cet élément qui voudrait que Médée ne soit pas une mère infanticide, mais que ce sont les Corinthiens qui ont abattus ses enfants et qui ont fait croire à toute la ville que c'est Médée qui les avait tué. Son style littéraire est assez déroutant avec des phrases très brèves. Les traducteurs ont sans doute essayé de retranscrire le texte d'origine avec très grand respect. On peut donner l'exemple suivant : « Un frisson me parcourut. Je sentais entre leurs mains » (p247).

Les deux auteurs par l'utilisation d'une énonciation qui leur est propre habite leurs œuvres et leurs personnages.


    b) Par la forme Roman :

La subjectivité laisse transparaître la présence de l'auteur dans l'écriture. On remarque ainsi que la subjectivité n'est apparemment pas omniprésente dans chacune des deux œuvres à l'étude. Cependant elle transparaît par des idées, des expressions ... et même par la forme même qu'est le roman. Les deux œuvres sont des réécritures de mythes. Ainsi pour faire une réécriture, les auteurs ont pris des sujets existant préalablement et ont ajouté leur manière d'écrire. Bauchau a dit : « On n'invente pas les personnages, ils existent dans l'inconscient, il faut les laisser sortir ». Puisque nos deux textes sont deux réécritures de mythes antiques, les auteurs que sont Bauchau et Wolf ont été soumis au mythe original mais sous la forme du roman, ils ont pris des libertés. Ces libertés apportent la subjectivité des auteurs comme la mort d'Antigone qui ne reste pas totalement fidèle à celle de l'Antigone de Sophocle. Le roman permet d'entrer dans les pensées du personnage. La réécriture du mythe n'apparaît plus seulement comme une réécriture mais plutôt comme une nouvelle écriture. On remarque que la base du mythe est toujours présente avec pour Médée, l'histoire d'une femme amoureuse qui se bat pour rester elle-même, en affrontant son destin tragique. Seulement, des changement sont apportés comme le caractère du personnage, Médée est plus humaine, plus simple et surtout plus libre. Le mythe est ainsi renouvelé. Christa Wolf se détermine dans Médée par l'énonciation. De fait, on remarque plusieurs points de vue (6). Le lecteur voit l'histoire progresser au même rythme que les différents points de vue des six personnages. Les voix de ce roman fustige l'établissement Allemand avec une véhémence élégiaque que l'auteur peut laisser échapper au cœur d'un roman. Mais en revisitant ici l'histoire légendaire de la magicienne Médée, Christa Wolf affronte aussi son propre passé. En effet, l'écriture de Médée apparaît pour Christa Wolf plus comme un prétexte à écrire ses opinions et à faire une critique à peine voilée du régime Allemand de son époque. Comme nous l'avons vu précédemment, Christa Wolf est née en RDA au sein d'un système socialiste. On peut penser que l'auteur écrit sa propre histoire à travers le personnage de Médée. Ce mythe montre que l'histoire n'évolue pas et qu'elle est toujours la même. La liberté et la vérité sont bafouées par des nécessité politique. Dans notre œuvre, Médée est proscrite, elle est la femme libre au destin tragique. Le mythe se renouvelle avec succès car après avoir été le reflet des sociétés antiques, il est le reflet des sociétés contemporaines. Médée étant ainsi représentative des problèmes contemporains, elle incarne les malaises de l'Allemagne d'après la réunification. Au sein d'Antigone c'est diffèrent. Tout est perçu par le personnage d'Antigone avec par exemple de nombreux monologues. Le « je » présent tout au long du texte permet au lecteur de s'identifier au personnage, ainsi le lecteur se sent plus proche. Bauchau utilise le temps pour s'identifier, le temps devient un temps personnel vécu par le personnage en alternant les épisodes courts et les épisodes détaillés. Il fallait sans doute un roman pour incarner les passions de la jeune mendiante qu'est Antigone.

La forme du roman leur procure une plus grande liberté.


    c) Par le féminisme :

Le féminisme semble très présent au sein de chacune des deux œuvres. D'après un article de Myriam Wathee-Demotte, on s'aperçoit qu'Henry Bauchau semble avoir orienté la thématique de son récit vers la question des genres masculins et féminins. Les portraits de femmes qu'il produit sont remplis d'intelligence et de sentiments. Antigone apparaît comme une révoltée qui veut dépasser les attributs de la condition de la femme grecque en progressant vers la virilité de ses deux frères. On peut donner l'exemple de la page 289 : «  Quand il annonce que le corps de Polynice doit pourrir sans sépulture, je ne puis plus contenir mon cri. L’indignation, la colère s’échappent de mon corps et vont frapper de front le mufle de la ville avec l’énorme fardeau de douleur, de bêtise et d’iniquité qu’elle fait peser sur moi et sur toutes les femmes. Oui, moi Antigone, la mendiante du roi aveugle, je me découvre rebelle à ma patrie, définitivement rebelle à Thèbes, à sa loi virile, à ses guerres imbéciles et à son culte orgueilleux de la mort » (p. 289). Dans Médée, le héros masculin est montré comme un homme prisonnier des codes sociaux et finalement incapable d’agir librement, c'est le rôle de la femme qu’interroge Christa Wolf en modifiant le mythe originel pour faire de ces mythes de femmes monstrueuses des figures de la rédemption. La réécriture du mythe donne naissance à un mythe nouveau, où le féminin prend le pas sur le masculin. Christa Wolf fait de Médée une figure lumineuse dont la voix met en scène sa propre responsabilité : seul le système patriarcal est à l’origine des crimes commis, et la dimension féministe de la modification du mythe apparaît alors clairement. Mais il s’agit aussi de montrer qu’une société peut sciemment organiser la barbarie, ce qui renvoie au passé allemand durant la seconde guerre mondiale, on peut rappeler que Christa Wolf a écrit cette réécriture du mythe de Médée après la chute du mur de Berlin. Elle a vécu dans la partie Est de Berlin.. De même, la façon dont Médée appréhende le culte des morts chez les Corinthiens est représentative de la nouvelle figure que lui donne Christa Wolf : si ce culte fait de la mort la limite absolue du pouvoir, il représente la peur de ce qui est différent, transposant ainsi la crainte de la mort sur celle de l’étranger concret.

Les deux auteurs font de leurs œuvres une œuvre qui leur est propre avec le recours à une énonciation particulière, une forme de roman qui leur octroie plus de libertés. Ainsi ils peuvent inscrire dans leurs œuvres des sujets comme le féminisme.





  1. Au delà des œuvres :


    a) Une revendication de héros de toute une vie :

Les deux auteurs qui sont, comme nous l'avons démontré, habités par leurs personnages le prouvent dans certaines de leurs œuvres. On peut le voir pour Henry Bauchau dans le Journal d'Antigone. On cite la (page 256) : « Il m'a interrogé sur Antigone et ce qu'elle représentait pour moi. Je ne lui ai pas dit, ce qui est vrai, que j'en suis d'une certaine façon amoureux et que cette intimité entre nous éclaire ma vieillesse. » Antigone fait partie intégrante de la vie de l'auteur, il nous apparaît comme habité par ce personnage. Seulement, Antigone est tellement présente qu'elle peut apparaître comme pesante, comme Bauchau le suggère à la page 473 de son journal : « J'aime Antigone, je m'efforce de la servir, mais je voudrais déposer mon fardeau. Ce fardeau dont elle est le noyau obscur et très pesant. » Il revendique son adoration pour ce personnage mythique car pour lui elle voyage parfaitement dans le temps, il dit qu' « elle est présente dans notre passé, notre avenir et surtout dans notre aujourd'hui. » (p499). Au cœur de son journal on assiste à la progression du personnage et de l'histoire d'Antigone à travers le regard et sa propre progression dans son écriture.

Christa Wolf revendique, quant à elle, sa fascination pour le personnage de Médée que l'on retrouve dans plusieurs de ses œuvres. Ce personnage lui permet d'affirmer ses revendications. elle suggère la permanence d’une révolte, en tout cas d’un refus de l’ordre existant. En cela la romancière reste fidèle à une ligne de conduite critique qu’elle manifesta spectaculairement en RDA à partir de 1968, avec "Réflexions sur Christa T.". On se souvient qu’à l’époque l’héroïne du roman mourait d’une leucémie, comme si elle avait intériorisé le cancer déjà installé au cœur de la société. Si Médée ici ne meurt pas, son bannissement ressemble terriblement à une petite mort. A l’instar de Christa T., elle possède en effet ce supplément de lucidité qui la place en rupture. Christa Wolf récrit donc le mythe antique à sa façon. Allant jusqu’à envisager que Médée, contrairement au récit légendaire, n’ait pas tué ses deux fils. Ne voyant même là qu’accusation fallacieuse de manipulateurs d’opinion, contre la seule qui sut démasquer la source de leur pouvoir. Des hypothèses aux enjeux terriblement actuels, pour peu que l’on sache distinguer, juste derrière la figure antique redessinée, celle qui, d’œuvre en œuvre, inlassablement questionne. Et qui ne s’est jamais vraiment détournée d’une chance gâchée de bonheur pour adhérer à quelque conformisme de pensée. Celle qui à l’image de la femme antique l’on continue d’attaquer. Mais que, pas davantage que celle-ci, l’on n’imagine près de renoncer.

Les deux auteurs revendiquent parfaitement l'utilisation abondante de ces deux personnages que sont Médée et Antigone. Ils refaçonnent les histoires à leur image, à leur vécu et à leur passé. Ainsi ils présente une réflexion sur le monde qui les entoure.


b) Une réflexion sur le monde :

Dans les deux œuvres, on a clairement vu que les auteurs laissaient transparaitre le monde dans lequel ils ont vécu. On peut y voir une certaine réflexion sur le monde dans lequel on vit: quelque soit le pays dans lequel on vit, malgré les différences de culture qui nous sépare: la pensée humaine est identique : le pouvoir, l'artifice, le mensonge, la cruauté, le désir, la vengeance. En effet, Christa Wolf, en proposant une vision d'un régime manipulateur, régit par le mensonge, la soif de pouvoir etc éclaire sa propre époque et même toute époque puisqu'elle expose l'histoire de Médée, qui ayant comprit les dessous du régime va être mise à l'écart. L'œuvre, se poursuit donc dans le temps, elle n'est pas limitée. Sa réflexion, s'applique presque à toute époque, puisqu'en général, les personnes qui réfléchissent beaucoup et qui risquent donc de comprendre et de se révolter contre le pouvoir dérangent. On tente de les empêcher de s'exprimer et on les met a l'écart comme le montre l'histoire de Médée. L'œuvre d'Henry Bauchau, quant à elle, semble également dépasser le temps et être illimitée puisque comme Médée, ce que critique l'auteur peut également s'appliquer à toutes époques. En effet, on l'a vu Antigone décrit un pouvoir manipulateur, un massacre, une grande misère etc tout comme Bauchau qui a fortement était choqué par la l'atrocité de la guerre et la misère de son époque. Lorsque le lecteur lit ces deux œuvres, il peut se sentir poussé à réfléchir sur l'Histoire, sur sa propre époque etc. Les œuvres ne semblent pas « fermées » lorsqu'on ferme le livre puisque notre réflexion se poursuit. Ces mythes continuent donc de traverser le temps en grande partie grâce à ces romanciers, qui étant totalement « habités » par leur personnages, les rendent presque réels et donc le lecteur peut ainsi totalement rentrer dans l'histoire et y réfléchir.





Conclusion:

Pour conclure, on peut dire qu'à la différence de l'écriture d'un mythe, où l'on ne ressent aucune trace de l'écrivain, où rien ne bouge, la réécriture par le genre romanesque permet à l'auteur d'apporter un certain renouveau. On ressent parfaitement la présence des auteurs dans leurs œuvres. Ils semblent habités par leurs personnages, qui apparaissent comme le miroir de leur propre histoire. La portée des œuvres ne se limite pas au texte mais nous conduit à certaines réflexions sur le monde, puisque les mythes traversent le temps.


Notes prises d'après les remarques de Mme Eissen:

Le côté historique est plus complexe qu'il n'y paraît. Wolf est exilée et accusée : position de bouc émissaire, mais peut-être au départ un parallèle entre Médée et ce régime. Parler du côté religieux de Bauchau, dimension religieuse, existence du divin : diffèrent de Médée qui n'a plus a foi. Pour la première partie a, parler d'oralité.  Préciser que les deux auteurs ont des conceptions bien différentes du féminisme

                                                                                                         

Source:  Travail de Caroline Aubouin et Axelle Tartarin - 18.03.2009 à 10h23 -